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“Chez nous, ce qui est le plus important, ce sont nos employés”

Fin de la semaine dernière, j’ai écrit un post sur mon blog anglais suite à un article que j’avais lu sur les accords entre le patronat et les syndicats en Allemagne. Là où en France il y a des cas extrêmes bien documentés (Philips, Total), mais aussi des centaines d’autres dont les médias ne parlent pas, les entreprises allemandes ont compris qu’ils vont avoir besoin de leur employés quand la croissance reviendra, et cherchent à trouver des solutions qui maintiennent l’emploi jusqu’à cette date.

Je n’ai pas de statistiques, mais j’imagine que la vaste majorité des entreprises françaises, dans leur brochures, ou dans la description de leur mission et valeurs, mentionne que ce sont leurs employés qui apportent l’essentiel de la valeur à l’entreprise. Je ne serais pas surpris si la vaste majorité de cette vaste majorité sont aussi les premières à adapter le niveau de main d’oeuvre à toute modification de l’activité.

Je vous conseille la lecture du livre de Bill Waddell, Rebirth of American Industry. Ce n’est pas de la lecture facile, même pour un anglophone, mais on s’en sort un peu sonné car, en bref, il a raison.

Par exemple, il compare le recrutement d’un comptable à celui de l’opérateur de production. Le premier est opérationnel en quelques semaines, et bénéficie d’une certaine sécurité de travail à condition de ne pas être trop mauvais, le deuxième a souvent besoin plutôt de quelques mois pour maîtriser son sujet, mais sait qu’il peut partir du jour au lendemain, surtout s’il a un contrat précaire.

Lean Manufacturing dépend de la compétence, de la motivation et de la stabilité des équipes. Et si la démarche est une réussite, en éliminant les gaspillages, elle va générer un excès de capacité. Mais elle va permettre aussi de baisser les coûts, et les prix, et aller chercher d’autres affaires. Tandis que dans beaucoup d’entreprises la première réaction serait de laisser partir les opérateurs en trop, qui représente un gain à court terme. Mais par la suite….

Une des raisons pour lesquelles le Lean a parfois du mal à percer, c’est que le personnel et leur représentants ont peur. Surtout au début de l’aventure. Ils ont été tellement conditionnés à devoir se battre pour maintenir l’emploi que, quand on leur explique qu’ils vont travailler sur l’efficacité des processus pour éliminer des tâches sans valeur ajoutée, il est trop facile d’assimiler ‘tâches’ à ‘personnes’. Si on ne peut pas s’engager sur le niveau d’emploi tout au début, on va avoir beaucoup de mal à obtenir l’adhésion. Si, par contre, l’entreprise accepte qu’il y aura des périodes où il y a une surcapacité de main d’oeuvre donc une baisse de la performance financière, et qu’il prévoit d’utiliser autrement ses employés pendant ces périodes-là, le retour sur investissement sera très important au moment de la reprise.

Je vous encourage à lire aussi l’éditorial d’hier dans La Tribune. Je pense que nous parlons de la même chose.

Posted in Respect des personnes.


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