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Une question de Compétitivité

Avec l’âge on apprend à retenir ses émotions et à ne pas réagir tout de suite. J’ai donc pris le temps d’assimiler le rapport final des Etats Généraux de l’Industrie présenté par Nicolas Sarkozy jeudi dernier. Malheureusement, mes réactions ‘réfléchies’ sont assez similaire à mes premières pensées au moment où j’ao découvert les recommandations.

Pour ceux qui n’ont pas encore lu le rapport, ci-joint le lien. Je ne commenterai pas tout, simplement les leviers d’actions définis pour ‘renforcer la compétitivité des entreprises et l’innovation‘.

J’imagine que beaucoup dépend de ce qu’on veut dire par ‘compétitivité‘. J’ai une définition du mot ‘compétitif‘ qui revient à quelque chose comme ‘la capacité à fournir un produit ou un service à un coût total (prix, délai, qualité, facilité de communication, etc) pour le client qu’il perçoit comme étant plus intéressant que ceux des autres fournisseurs potentiels‘.

Je ne sais pas si le gouvernement a la même définition quand je vois les mesures annoncés pour stimuler l’attractivité de l’industrie française :

- mise en place de prêts verts bonifiés (p33 si vous avez ouvert le document). C’est le côté écologique où j’ai du mal. Qu’est-ce qui est écologique, qu’est-ce qui n’est pas? Si les équipements en question datent bien de 1980, je serais étonné qu’il existe des équipements modernes moins écologiques. Pourquoi donc le passer sous la bannière de l’écologie? Et est-ce que le client final va s’en rendre compte?

- simplifier la réglementation : c’est là où j’ai commencé vraiment à halluciner. Certes, l’administration française est bien connue pour sa lourdeur… mais peut-on vraiment dire que c’est la raison pour laquelle le client n’achète pas nos produits?

- pérenniser le Crédit Impôt Recherche : si j’ai bien compris, le lancement du CIR en 2009 a permis aux entreprises innovantes d’améliorer leur cash flow, et ça marche. OK, on le pérenniser. Quid de toutes les entreprises industrielles non innovantes, qui fabriquent de bons produits mais à un coût total insuffisant pour le client. Je ne peux que penser qu’elles sont plus nombreuses que les innovateurs. Et de toute façon, être capable de décaler ses impôts n’est pas une garantie que l’entreprise va pouvoir vendre ses produits par la suite!

-   instaurer une fiscalité pour promouvoir profiter des brevets : encore une fois, très bien pour les produits qui n’existent pas encore. Et les autres?Même chose pour la dernière mesure, créer un fonds d’investissement France Brevets.

C’est à ce moment-ci, en lisant le document pour la première fois, que j’avais l’impression qu’il manquait des pages. En conclusions, trois mesures pour l’innovation, une pour pacifier les verts, et une dernière pour résoudre un problème qui, puisqu’il existe depuis des générations, ne sera jamais entièrement résolu.

Et le Lean dans tout ça. Rien du tout. Pas de mention des clients non plus. La seule mention de ’simplification’ concerne la réglementation.

Je serais intéressé de savoir la pourcentage des chefs d’entreprises qui sont satisfaits de cette section du rapport. Malheureusement, je n’y vois rien qui tournerait les yeux de leurs clients de la terre promise de l’Allemagne ou de la Chine.

Posted in Actualité.


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