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Le Lean en temps de neige

J’ai mis trois heures pour faire 80 kilomètres ce matin, c’est-à-dire la moitié du chemin vers mon rendez-vous à Toulouse, puis demi-tour, la neige, les bouchons et les reportages radio ayant enfin réussi à prendre le dessus sur mon courage mal placé du départ.

J’ai eu donc trois heures pour réfléchir à comment améliorer cette situation qui arrive à chaque fois qu’il y a de la neige. Car le météo, pour une fois, avait raison – ils avaient prévu de fortes chutes de neige, et on savait par l’expérience qu’il y a une pagaille générale à chaque fois qu’il neige, donc on peut imaginer que les responsables allaient peut-être tenter autre chose. Non?

Des témoignages ont ajouté des détails intéressants. L’épouse d’un employé de la DDE, qui explique que son mari a travaillé de 7.00 hier jusqu’à 4.00 ce matin, et repartait travailler à 9.00 ce matin. Les retraités de la DDE qui expliquent comment le nombre d’employés est en baisse tous les ans tandis que le nombre de camions augmente. Les automobilistes qui s’étonnaient de constater que les chasse-neiges étaient coincés dans les mêmes bouchons qu’eux. Et une observation générale que les forces de l’ordre se faisaient remarquer par leur absence.

Qu’est-ce que nous aurions pu faire autrement en s’inspirant de nos expériences du Lean?

Je n’ai pas le détail, je ne peux me baser sur ce que j’ai vu et sur ce que j’ai écouté à la radio. Mais il me semble qu’il y a deux problèmes de base :

a) un problème de management : est-ce qu’il y avait un plan? Où un plan de contingence 2 si le plan 1 ne pouvait pas fonctionner. Est-il normal de faire travailler quelqu’un 21 heures et lui demander de reprendre le travail (au volant) après quatre heures de sommeil (la réponse à cette question est, bien sûr, un grand ‘non’)? Pourquoi est-ce qu’on n’a pas mobilisé les militaires, où se trouvaient tous les gendarmes? Est-ce qu’il y a quelqu’un avec une vue globale de l’ensemble de la situation (ou le value stream) et, ayant la main sur les ressources, avec l’autorité de mobiliser ses ‘troupes’ là où on a le plus besoin? Où est-ce que, dans chaque métier, ce n’est pas un cas de “allez les gars, on fait au mieux”, sans créer un sens d’urgence, et sans leur donner les moyens nécessaires pour délivrer les solutions?

b) un problème de polyvalence : c’est clair que nous n’allons pas créer une équipe de chasseurs de neige structurée pour faire face aux risques mi-décembre, et qui par conséquence va se tourner les pouces pendant dix mois de l’année. Mais pendant les grèves actuels du RER A à Paris, est-ce que je n’ai pas entendu que les cadres remplaçaient les conducteurs grévistes? Est-ce qu’on ne peut pas former des volontaires (un peu comme les sapeurs-pompiers) de gens (agriculteurs, camionneurs à la retraite, etc) capables de conduire de engins anti-neige. Est-ce qu’on ne pouvait pas s’attendre à une plus forte implication des militaires, étant donné que la neige avait éyé prévue depuis des jours?

Résolution de problèmes, travail en équipe, je n’ai aucun doute que les ‘gars’ du DDE font au mieux, et même plus. Mais tant que le management n’est pas présent pour les épauler, il y aurait toujours des milliers d’heures de gaspillage comme nous avons vu à Toulouse et dans beaucoup d’autres villes ce matin.

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